- 11 juillet 2026
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Équithérapie, quand le cheval soigne
Depuis une dizaine d’années, les animaux s’invitent dans les EHPAD, dans les crèches et même dans les établissements spécialisés. Portée par l’essor des thérapies non médicamenteuses, la médiation animale séduit de plus en plus de professionnels du soin et de l’accompagnement. À Bligny-lès-Beaune, Nadège Carcouet a créé son association En Équi-Libre, où le cheval devient un partenaire à part entière pour aider enfants, adultes et personnes en situation de handicap. Elle y développe une approche globale, en associant la médiation équine à d’autres pratiques comme le kundalini yoga.
Lors des séances, les patients réalisent des exercices simples, comme le passage de barres au sol ou des slaloms. Ces ateliers permettent de développer la coordination motrice, la concentration et l’autonomie. L’équithérapie est particulièrement adaptée aux troubles du neurodéveloppement, aux handicaps moteurs et aux difficultés relationnelles.
Après plus de quinze ans passés en collectivités territoriales, dont plusieurs années comme directrice générale des services, Nadège Carcouet a choisi de se reconvertir. En 2021, elle crée l’association En Équi-libre grâce à plusieurs formations diplômantes. Elle devient alors accompagnatrice de tourisme équestre, médiatrice équestre, thérapeute énergéticienne et professeur de kundalini yoga.
Chaque séance débute par le brossage du cheval. Ce moment permet d’établir une première relation avec l’animal, de découvrir son comportement et d’instaurer un climat de confiance. En équithérapie, le cheval n’est pas thérapeute, mais médiateur : il facilite les échanges entre le praticien et le participant.
« Sabine est membre de l’association des Papillons Blancs, qui accompagne les personnes atteintes d’un handicap mental. Elle a des difficultés à s’exprimer, mais grâce aux séances, elle prend confiance, parvient davantage à parler et à échanger avec les autres », explique Nadège Carcouet.
Au sein de sa structure d’une quinzaine d’équidés, Nadège accueille une apprentie, Margaux. Elle se forme aux métiers équestres afin de devenir groom.
En France, la médiation équine connaît un développement spectaculaire depuis une quinzaine d’années. Le pays compte désormais entre 1 200 et 1 500 structures spécialisées, contre moins de 50 au début des années 2000. Cette progression s’inscrit dans l’essor des approches thérapeutiques, de plus en plus recherchées pour accompagner le handicap, les troubles psychiques ou le vieillissement. Portée par une filière équine forte de plus d’un million d’équidés, près de 10 000 établissements équestres et plus de 670 000 licenciés, la France dispose d’un environnement particulièrement favorable au développement de ces pratiques.
L’association propose également des cours de Kundalini yoga. Cette pratique, parfois appelée « yoga de l’éveil », associe postures, respiration et méditation.
Dans sa yourte, Nadège réalise quatre cours de yoga par semaine, dont un dédié aux enfants.
En France, une thèse en psychologie réalisée à l’université de Tours étudie actuellement les effets de la médiation équine auprès de jeunes en Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques (ITEP). Les premiers résultats montrent une baisse de l’agressivité et une meilleure gestion des émotions.
Lors de cette séance, Nadège accompagne Baptiste, un jeune adulte autiste. Bien qu’il garde son magazine à la main, elle parvient à capter son attention grâce à des exercices adaptés. L’équithérapie est aujourd’hui reconnue comme un outil complémentaire efficace dans l’accompagnement des troubles du spectre autistique.
À son arrivée, Baptiste était particulièrement agité. Au terme de la séance, il apparaît apaisé et concentré. Le rythme du cheval, sa chaleur corporelle et le contact avec l’animal participent à cet effet régulateur souvent observé en médiation équine.
La sécurité constitue une priorité absolue. « J’ai déjà eu des personnes qui venaient en claquettes », sourit Nadège. Casque et vigilance constante sont indispensables, d’autant plus avec des cavaliers présentant des troubles de l’équilibre ou de la motricité.
Lors des premières séances, Baptiste avait beaucoup de mal à caresser l’animal, en particulier la tête. Après quelques séances, il réussit à brosser prudemment l’équidé.
Nadège a toujours été entourée de chevaux, elle a grandi avec eux. Lors de sa reconversion professionnelle, cela lui a paru comme une évidence qu’ils fassent partie l’aventure.
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